En février 2026 j’ai décidé de pivoter ma plateforme Parle, qui était une plateforme de communication clients ala Intercom / Userlist vers une plateforme pour supporter les petits entrepreneurs Canadiens avec tous les processus liés aux opérations de leur entreprises.
Entre la fin des opération de la version précédente et la version alpha du pivot je n’avais pas renouvellé le nom de domaine parle.io. J’ai donc pris un des seul nom de domaine sans préfix ni suffix qui avait “parle” de disponible, seulement parle.work était disponible.
Le problème des domaines non .com / .ca
Inévitablement lorsqu’un domaine se termine avec un TLD exotique telle que .work les gens vont assumer que le nom du produit ou de l’entreprise est Domain.Extension, alors les gens appelait la plateforme Parle point Work, alors que le produit est “Parle”.
Ce n’est pas tant dramatique, mais l’extension .work l’était un peu plus.
Premièrement ce n’est pas quelque chose qu’on voit souvent. Même si les extensions non communes sont de plus en plus visible puisqu’il ne reste quasiment plus de nom de domain .com, nous n’avons pas vraiment d’autre choix que d’aller vers des extensions moins connues.
Le contre partie c’est que quand quelqu’un entend “parle point work” ou “parle work” ils n’associent pas nécessairement l’extension .work, alors ils ont plus de chance de ne pas trouver le site web quand arrive le temps d’ouvrir leur navigateur.
L’alternatif au domaine moins connu
Le standard dans l’industrie est d’y aller avec un préfix ou suffix qui vous permet d’obtenir le .com ou .ca. Ceci est une bonne technique, mais la même problématique existe, les gens vont inévitablement nommer votre produit ou entreprise avec ce préfix ou suffix, tant que le branding de votre produit / entreprise ne sera pas assez fort pour être reconnu.
C’est le compromis que j’ai fait, après avoir roulé avec parle.work pour la version alpha et le soft-launch, j’ai décidé d’enregistrer un .ca avec soit un préfix ou suffix. Mais quel préfix ou suffix prendre, on dirait que tout sonne faux.
Je voulais quelque chose qui allait fonctionner en français et anglais puisque Parle est une plateforme destinée aux entreprises Canadiennes, alors un nom qui sonne bien dans les deux langues serait idéal.
L’objectif était clair : quelque chose d’ancré au Québec, d’ancré au Canada. Un domaine qui refléterait mieux ce qu’est Parle – une plateforme tout-en-un pensée pour les PME et solopreneurs d’ici.
Le choix de onparle.ca m’a semblé évident. En français, “on parle” évoque la conversation, l’échange, la communauté. En anglais, “on Parle” peut se lire comme “on Parle” – on est déployé sur Parle. Un double sens que j’ai trouvé élégant. J’ai enregistré le domaine sans trop hésiter.
C’est là que les choses ont commencé à devenir intéressantes.
Google Search Console m’a réservé quelques surprises
Quelques jours après avoir configuré le nouveau domaine, j’ai jeté un oeil à Google Search Console. Trois problèmes attiraient l’attention.
Duplicate without user-selected canonical. Le premier était classique et de ma faute : aucune balise <link rel="canonical"> dans le template du site. Google avait visité https://onparle.ca/ et https://www.onparle.ca/ et, sans directive canonique, ne savait pas quelle version privilégier. Correction simple, une ligne dans le template.
Not found (404) avec une URL… colorée. Le deuxième m’a d’abord perturbé. Une URL sous mon domaine, avec des mots très vulgaires en français, retournait une erreur 404. Après réflexion, c’est un phénomène courant : des réseaux de spam créent des liens vers des URL bidons sur des domaines légitimes, souvent en combinant un nom de ville et des mots clés issus de sites pour adultes. L’URL n’a jamais existé sur mon serveur. Google l’a crawlée depuis un site externe, a obtenu un 404, et l’a rapporté. Aucun impact réel, mais c’est dérangeant de voir ça sous son propre domaine.
Crawled - currently not indexed avec un sous-domaine bizarre. Le troisième était plus révélateur : https://[sous-domaine-aléatoire].onparle.ca/?[paramètre]=238, crawlé en février 2024, soit avant que j’enregistre le domaine. Un sous-domaine aléatoire avec un paramètre absurde. Classique d’une infrastructure de redirection ou de spam.
Ce dernier point m’a poussé à vérifier ce qui s’était réellement passé sur ce domaine avant moi.
L’enquête dans la Wayback Machine
La Wayback Machine archive des instantanés de sites web depuis les années 90. On peut y chercher n’importe quel domaine et voir ce qu’il hébergeait par le passé.
Pour onparle.ca, le bilan est le suivant :
- 2015 : le domaine redirigait vers
onparleargent.ca– “on parle argent”, visiblement un site de discussion sur les finances personnelles. Rien de problématique. - Janvier 2024 : le domaine redirigait vers
reddit.com. C’est le signe typique d’un domaine expiré racheté par un squatteur ou un service de parking, qui le redirige vers un site à fort trafic en attendant de le revendre ou de l’utiliser. - Février 2024 : le sous-domaine aléatoire est crawlé. Probablement lié à cette période de squattage.
Au final, le domaine n’a pas été utilisé pendant des années pour du spam ou du contenu problématique. La période douteuse est brève – quelques semaines ou mois entre l’expiration du domaine original et mon enregistrement. C’est une situation que Google comprend bien et qui ne devrait pas laisser de traces durables une fois que le nouveau contenu s’établit.
La leçon à retenir
Vérifier l’historique d’un domaine avant de l’acheter est une étape qu’on ne mentionne presque jamais dans les guides de création de site web. Pourtant, un domaine peut traîner derrière lui une réputation auprès de Google – des pénalités pour spam, des backlinks toxiques, du contenu pour adultes indexé – qui compliquent le travail SEO pendant des mois.
La vérification prend cinq minutes :
- Aller sur web.archive.org et chercher le domaine.
- Regarder les premiers et derniers instantanés disponibles.
- Dans Google Search Console, vérifier les rapports “Pages” et “Liens” pour voir ce qui existe déjà sous le domaine.
- Si des liens toxiques apparaissent, utiliser l’outil Disavow de GSC pour s’en dissocier.
Dans mon cas, l’histoire a bien tourné. Mais si onparle.ca avait été pendant trois ans le domaine d’un site de spam ou de contenu pour adultes, j’aurais hérité d’un problème autrement plus sérieux – et j’aurais probablement dû choisir un autre nom.
Le jeu de mots bilingue valait le coup de vérifier. Heureusement, il tenait la route.
Parle est une plateforme tout-en-un pour les PME et solopreneurs québécois : site web, blogue, balado, pages de réservation, propositions, facturation, cours en ligne et marketing par courriel.

